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Carte de Cassini : Tarn : région de Castres : contexte documentaire

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L’exécution de cette carte de France ne se fait pas toujours dans la paix et la tranquillité : l’histoire de Pierre de Lalande, évoquée par une liasse de procédure criminelle de la sénéchaussée de Castres (AD81, B 314), en est l’exemple.

 

Le 14 mai 1775, Lalande, collaborateur de Cassini chargé de lever la carte de la province, arrive chez un consul de Cuq, vêtu de l’habit rouge et bleu  des ingénieurs géographes du roi, et porteur d’une lettre de créance. Il lui demande de l’accompagner sur le toit de l’église Saint-Martin de Carnac pour lui nommer les lieux à mesure qu’il placera la lunette mobile du graphomètre dans leur direction. Une foule hostile les rejoint, l’accusant d’avoir, l’année précédente, jeté des sortilèges qui avaient provoqué une grande mortalité, et décidée à l’empêcher de récidiver : « Aro y son, courran yé anen esparaqua, es tua aquellis mauditos personnos qui benoun porta la mort aysi » (à présent ils y sont, allons écarteler et tuer ces maudites personnes qui viennent porter la mort ici).
A coups de pierre, on les force à descendre du toit, et dès que l’ingénieur est à terre, il est assailli de coups, poursuivi avec des outils, lapidé et laissé pour mort dans un fossé sous une charretée de pierres. Lorsqu’il reprend connaissance, trois heures plus tard, tout ensanglanté, il ne trouve aucun secours, et doit se traîner jusqu’à une auberge de Vielmur pour se faire soigner.
L’enquête débute dans la vicomté de Lautrec mais ne progresse guère ; la victime étant un officier royal, l’information remonte aux plus hautes instances, et le parlement de Toulouse transmet à la sénéchaussée de Castres les instructions demandant une sanction exemplaire. Le 30 septembre, Lalande signale le retard pris dans les opérations de cartographie ; il ne demande que les remboursements de ses frais, et l’enquête se solde par une transaction et la relaxe des prévenus contre cautions, en avril 1775.




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