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En savoir plus... sur la représentation du relief

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Jusqu’à la fin du XVIIe siècle, le relief est représenté en cartographie par une description imagée du paysage avec des aplats de couleur ocre et des dessins schématiques d’arbres et de végétation (voir le plan d’Albi du XIVe siècle par exemple où la végétation est évoquée de façon très imagée avec notamment des herbes et fleurs aux dimensions aussi imposantes que les arbres et les quelques bâtiments représentés, 4 EDT II 5, document 13 de l'exposition virtuelle). Les cartes manuscrites médiévales avaient en effet livré aux cartographes modernes deux modes d’expression. Le premier consistait à couvrir d’une tache ocre sépia la zone montagneuse, le second à mettre à sa place des profils symboliques à dents de scie ou crête de coq. Les cartes gravées sur bois suivront cette double tradition en couvrant dans le premier cas la zone montagneuse de points courants ou, dans le second, traduisant l’ombre par de grossières hachures. Le plan de la ville de Puylaurens du début du XVIIIe siècle utilise cette technique des hachures pour symboliser le relief (1 FI 219 / 1). Cette technique perdure jusqu’à la fin du XVIIIe siècle comme en témoigne par exemple le plan du chemin d’Albi à la Barrière levé entre 1776 et 1779 (C 941).

 

Entre le XVIe et le XVIIe siècle, avec la gravure sur cuivre, le relief est traité conventionnellement par alignement de taupinières, parfois rehaussées de touches de couleur ocre, qui ne donnent en réalité aucune idée de la surface, de la hauteur ou de la pente d’une montagne. On trouve une illustration de ce mode de figuration du relief en 1638 sur la carte du gouvernement de Réalmont de Tassin (1 FI 222 / 4, document 29 de l'exposition virtuelle) ou encore en 1683 dans la carte du diocèse de Lavaur de Jean Trinquier (1 FI 351 / 8, document 22 de l'exposition virtuelle).

 

Au XVIIe siècle, les progrès de l’orographie s’affirment dans les cartes de guerre topographiques. Le relief est ici dessiné en silhouette, défini d’après une convention de perspective cavalière, comme sur le plan des fortifications de Roquecourbe, où apparaît en partie haute une impressionnante butte longitudinale dans le méandre de l’Agout (1 FI 227 / 2).

 

Elles ont cependant le défaut de ne montrer qu’un côté du mouvement du sol, et de masquer les plans éloignés par les premiers plans. L’évolution qui conduit les ingénieurs militaires à lever des plans de places fortes, amène à représenter le terrain selon sa projection horizontale. Cette technique ne peut cependant être utilisée que pour des régions au faible relief, et un compromis entre projection cavalière et horizontale est alors nécessaire pour les paysages plus accentués, par exemple pour la carte du gouvernement de Castres (1 FI 65 / 5 ).

 

La carte de Cassini (1 FI 352 / 1 à 10, dont document 12 et document 32 de l'exposition virtuelle) renonce à cette perspective cavalière et rapproche la définition du terrain de la projection horizontale. Les mouvements se modèlent à l’aide de hachures d’autant plus épaisses que la pente est forte. Il est évident que dans la plupart des cas les ingénieurs et graveurs renoncèrent à décrire convenablement le relief. Cassini en avait à ce titre fait lui-même l’aveu en ne prétendant pas faire de la topographie : « … pour la topographie qui offre la description détaillée et scrupuleuse de la confirmation du terrain et du contour exact des vallées, des montagnes, des coteaux… c’est une partie de la géographie tellement étendue, si minutieuse, si longue et si coûteuse dans l’exécution qu’elle ne peut être entreprise dans une carte générale ». Les courbes de niveau, précises et justes, ne furent utilisées pendant très longtemps que pour l’étude des fonds marins afin de garantir la sécurité aux navires longeant les côtes. C’est en 1782, que Carla, dans expression des nivellements transpose ce système aux cartes terrestres. Le manque de méthode des levés ne permet cependant pas l’exploitation d’un tel procédé et il faudra attendre encore quelques décennies pour qu’il aboutisse.

 

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